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Création de site web

Qui est propriétaire de votre site internet ?

Domaine, hébergement, accès, contenus, licences : ce que vous devez détenir pour ne pas dépendre d'un prestataire, et comment le vérifier en 15 minutes.

Votre prestataire ne répond plus. Ou vous changez d'agence, ou vous arrêtez l'abonnement d'un constructeur, et vous découvrez que le nom de domaine est enregistré à un autre nom que le vôtre, que l'hébergement dépend d'un compte que vous ne pouvez pas ouvrir, ou que le site ne peut pas être emporté ailleurs. Le site que vous avez payé et alimenté ne vous appartient pas vraiment.

La bonne nouvelle : ces situations se préviennent. Il suffit de savoir ce qu'on entend par « posséder un site », de vérifier quelques éléments et de les écrire noir sur blanc avant de commencer. Ce guide vous donne la liste et la méthode.

Posséder un site : ce n'est pas une seule chose

Un site internet est un assemblage de briques, et chacune peut avoir un titulaire différent : le nom de domaine, l'hébergement, le logiciel et le thème, les extensions, les contenus (textes, photos, logo), les comptes d'administration et les outils de suivi. Vous pouvez être propriétaire de certaines briques sans l'être des autres. C'est pourquoi la question « à qui est mon site ? » n'a pas de réponse tant qu'on ne les passe pas une à une en revue.

Le principe à retenir : ce qui identifie votre activité et permet de reprendre la main (domaine, hébergement, accès, contenus) doit être à votre nom. Le reste (outils, extensions, licences) doit au minimum être documenté et transférable.

Inventaire

Les briques de votre site : qui devrait en être titulaire ?

Élément Qui devrait le détenir Comment le vérifier Risque si ce n'est pas vous
Nom de domaine Vous (ou votre société), comme titulaire Compte chez le bureau d'enregistrement à votre nom, ou recherche Whois Perdre l'adresse du site et les e-mails qui en dépendent
Hébergement Vous, avec un accès délégué au prestataire Facture et compte d'hébergement à votre nom Site coupé si le prestataire arrête son abonnement ou disparaît
Accès administrateur du site Vous, avec un compte administrateur personnel Connexion à l'administration avec votre propre identifiant Ne plus pouvoir modifier, sauvegarder ou déménager le site
Thème et code sur mesure Selon le contrat : cession ou licence d'usage écrite Clause du devis ou du contrat, liste des composants Impossible de faire évoluer le site chez un autre prestataire
Extensions et licences payantes Vous, ou licence transférable documentée Liste des extensions avec titulaire et date de renouvellement Extension bloquée ou site désactivé à l'expiration d'une licence
Textes, photos, logo Vous, sous réserve des droits des tiers Contrat, cession, licence des images achetées ou fournies Litige sur l'utilisation d'un visuel ou d'un texte
Google Search Console, Analytics, fiche d'établissement Vous, comme propriétaire du compte Liste des propriétaires dans chaque outil Perte de l'historique de suivi et de la fiche
Sauvegardes Vous, avec une copie hors de l'hébergeur Copie complète datée, restauration testée Aucune issue en cas de panne ou de piratage

Comment vérifier qui est titulaire de votre domaine

Le titulaire d'un nom de domaine est la personne ou l'entreprise enregistrée auprès du bureau d'enregistrement (le registrar). La vérification la plus fiable est simple : retrouvez le compte où le domaine est géré, connectez-vous avec vos propres identifiants et regardez le titulaire, le contact et la date de renouvellement. Si vous ne trouvez aucun compte à votre nom, c'est déjà un signal.

Vous pouvez aussi interroger un service Whois, comme celui de l'Afnic pour les domaines en .fr ou l'outil de recherche de l'ICANN. Il affiche des informations d'enregistrement, comme la date de création et le bureau d'enregistrement. Attention : depuis l'entrée en vigueur du RGPD, les données personnelles des particuliers sont souvent masquées, ce qui limite ce que ces outils révèlent. Pour le choix d'un domaine, voir choisir son nom de domaine.

Trois situations où le piège se referme

  • Le prestataire a tout enregistré à son nom : domaine, hébergement, comptes d'outils. Par commodité au départ, par habitude ensuite. Sans accord écrit, la reprise dépend de sa bonne volonté.
  • Le site vit sur une plateforme fermée. Sur un constructeur, vous gardez vos contenus, mais pas la plateforme : le site ne s'emporte pas tel quel et se reconstruit ailleurs (voir migrer de Wix vers WordPress et quel CMS choisir). WordPress, lui, est un logiciel libre que l'on peut héberger où l'on veut (voir pourquoi choisir WordPress).
  • Le prix d'appel cache des dépendances : licence d'un thème ou d'extensions au nom du prestataire, hébergement inclus tant que l'abonnement continue, contenus dont l'usage n'est pas cédé (voir site internet pas cher : la vérité).

Ce que le contrat devrait dire, noir sur blanc

Avant de signer, vérifiez que le devis ou le contrat précise les points suivants (voir lire un devis de site internet) :

  • le titulaire du nom de domaine et de l'hébergement, et la façon dont le prestataire y accède ;
  • la remise des accès administrateur à la livraison, avec un compte à votre nom ;
  • le régime des créations (textes, visuels, logo, code sur mesure) : cession ou licence, avec son étendue ;
  • la liste des extensions et licences tierces et leur titulaire ;
  • une copie complète du site et de ses sauvegardes remise à la demande ;
  • les conditions de sortie : ce qui est remis, dans quel format, à quelles conditions.

Ces règles relèvent du contrat et du droit d'auteur : en cas de doute, ou de blocage avec un prestataire, faites relire le contrat par un professionnel du droit. Ce guide n'est pas un conseil juridique.

Le contrôle de 15 minutes à faire dès aujourd'hui

  1. Retrouvez l'e-mail ou la facture d'achat du nom de domaine et connectez-vous au compte concerné.
  2. Vérifiez le titulaire, l'adresse e-mail de contact et la date de renouvellement (le renouvellement automatique évite une expiration par oubli).
  3. Repérez le compte d'hébergement et le titulaire de la facture.
  4. Ouvrez l'administration du site avec un identifiant personnel, pas un compte partagé.
  5. Listez les extensions et licences avec leur titulaire et leur échéance.
  6. Vérifiez que vous êtes propriétaire de la Search Console, de l'outil de mesure d'audience et de la fiche d'établissement (voir le guide de la Search Console).
  7. Faites une copie complète du site et gardez-la hors de l'hébergeur (voir sauvegarder son site WordPress).

Un exemple (illustratif)

Une boutique de décoration fait créer son site par un freelance, qui enregistre le domaine et l'hébergement à son nom pour aller vite. Deux ans plus tard, la collaboration s'arrête. Sans accord écrit, la boutique doit obtenir du freelance le transfert du domaine avant de pouvoir changer de prestataire, et retrouver les accès de son propre site. L'exemple est illustratif : un paragraphe au devis, dès le départ, aurait limité ce risque.

Notre recommandation

Domaine, hébergement et comptes d'outils à votre nom ; un accès délégué pour le prestataire, retirable à tout moment ; un contrat qui liste ce que vous recevez à la livraison. Que vous fassiez le site vous-même ou avec un professionnel (voir site soi-même ou agence et comment choisir une agence web), ce socle vous garde libre de vos choix.

À lire aussi : Durée de vie d'un site : quand le refaire.

Questions fréquentes

Propriété d'un site internet : vos questions

Qui est propriétaire d'un site internet ?

Un site n'a pas un propriétaire unique : le domaine a un titulaire, l'hébergement un abonné, les contenus des auteurs, le logiciel et les extensions des licences. L'essentiel est que les éléments qui vous permettent de reprendre la main (domaine, hébergement, accès, contenus) soient à votre nom.

Comment savoir qui est titulaire de mon nom de domaine ?

Le plus fiable est de vous connecter au compte du bureau d'enregistrement avec vos identifiants. Sinon, un service Whois (Afnic pour le .fr, ICANN pour les autres extensions) donne des informations d'enregistrement, mais les données personnelles y sont souvent masquées.

Mon prestataire a enregistré le domaine à son nom : que faire ?

Demandez par écrit le transfert de la titularité ou le code de transfert, selon votre bureau d'enregistrement, et conservez les échanges. En cas de refus ou de blocage, relisez votre contrat et faites-vous conseiller par un professionnel du droit : ce guide n'est pas un conseil juridique.

Suis-je propriétaire d'un site fait sur Wix ou un autre constructeur ?

Vous gardez la main sur vos contenus et, si le domaine est à votre nom, sur votre adresse. La plateforme elle-même appartient à son éditeur : le site ne s'emporte pas tel quel et se reconstruit sur une autre solution.

Le thème et les extensions m'appartiennent-ils ?

Cela dépend de leur nature. Un thème ou une extension du commerce s'utilise sous licence, souvent renouvelable ; une création sur mesure dépend de ce que dit votre contrat (cession ou licence). Demandez la liste des composants avec leur titulaire et leurs conditions.

Écrit par

L’équipe Agent du WEB

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