Chronométrer : le test qui répond à « combien de temps hors ligne ? »
Restaurer une copie ne suffit pas, il faut savoir combien de temps cela prend. L'ANSSI parle de durée maximale d'interruption admissible (DMIA) : la restauration doit tenir dans ce délai, qui dépend du délai de mise à disposition de la sauvegarde, du débit et de la latence du lien Internet quand elle est stockée à l'extérieur. En vocabulaire courant, on parle aussi de RTO pour le temps de reprise et de RPO pour la quantité de données qu'on accepte de perdre entre deux copies.
Un calcul simple donne un plancher. À titre d'illustration, une archive de 10 Go à rapatrier sur un lien de 100 Mbit/s demande au minimum environ 13 minutes de transfert, avant la décompression et l'import de la base. Seul le chronométrage d'une vraie restauration donne la durée complète, et c'est elle qu'on compare à ce que l'activité peut supporter : une boutique en ligne et un site vitrine n'ont pas la même tolérance.
Cas d'une boutique WooCommerce
Sur un site qui vend, la date de la copie compte autant que son contenu. Les commandes passées entre la dernière sauvegarde et la panne ne figurent pas dans la copie : elles disparaissent de la base restaurée, alors que le paiement a bien eu lieu côté banque. Le test doit donc relever la date de la dernière commande présente dans la copie et la comparer à l'activité réelle, pour décider si le rythme de sauvegarde est suffisant ou s'il faut le rapprocher.
À quelle fréquence retester
Un test s'impose après tout changement de méthode de sauvegarde : nouvel hébergeur, nouvelle extension, nouvelle configuration. En dehors de ces changements, un test périodique, par exemple une fois par trimestre, reste une fréquence raisonnable pour un site actif. L'ANSSI écrit « régulièrement » sans fixer de rythme : le trimestre est un repère de bon sens, à resserrer pour un site qui enregistre des commandes. La sauvegarde elle-même doit être stockée ailleurs que sur le site, comme l'explique notre article sur la sauvegarde externalisée.