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Réseaux sociaux

Publicité sur les réseaux sociaux : les règles

Mention obligatoire, contrat écrit dès 1 000 € HT (décret 2025-1137), sanctions et consentement CNIL : le cadre légal de la publicité sociale.

Un homme et une femme lisent une feuille imprimée devant un ordinateur portable dans une boutique.

Une publication rémunérée, un produit offert en échange d'un post, une campagne publicitaire ciblée : dès qu'une entreprise confie sa promotion à un créateur ou diffuse une publicité sur un réseau social, plusieurs textes s'appliquent en même temps. Certaines PME ne le découvrent qu'après coup, en confondant « faire de la publicité sur les réseaux sociaux » avec « publier librement ».

Cet article reprend les textes à la source (Légifrance et CNIL, consultés le 09/10/2026) : la loi du 9 juin 2023 sur l'influence commerciale, le décret du 28 novembre 2025 qui fixe enfin le seuil du contrat écrit, et les règles de consentement aux traceurs publicitaires. Il ne remplace pas un avis juridique : pour une situation précise, faites valider par un professionnel du droit.

Obligations

Ce qui doit être mentionné ou écrit, selon la situation

Situation Mention ou obligation Base
Promotion par un influenceur d'un bien, d'un service ou d'une cause Mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale », claire, lisible et identifiable sur l'image ou la vidéo pendant toute la promotion Loi 2023-451, art. 5, I
Image modifiée pour affiner ou épaissir la silhouette ou modifier le visage Mention « Images retouchées » Loi 2023-451, art. 5, II
Visage ou silhouette produits par intelligence artificielle Mention « Images virtuelles » Loi 2023-451, art. 5, II
Rémunération et avantages en nature d'au moins 1 000 euros hors taxes sur l'année pour un influenceur Contrat écrit avec mentions obligatoires, sous peine de nullité Loi 2023-451, art. 8 ; décret 2025-1137
Dommages causés aux tiers dans l'exécution du contrat Annonceur, mandataire et influenceur sont solidairement responsables Loi 2023-451, art. 8, III
Ciblage publicitaire (cookies, reciblage) Consentement préalable, par un acte positif, refus aussi simple que l'acceptation CNIL ; article 82 de la loi Informatique et Libertés

La mention obligatoire : ce que dit l'article 5

L'article 5 de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 impose que la promotion de biens, de services ou d'une cause par les personnes qui exercent l'activité d'influence commerciale (article 1er) soit explicitement indiquée par la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale ». Cette mention doit être claire, lisible et identifiable sur l'image ou sur la vidéo, sous tous les formats, pendant toute la durée de la promotion. L'absence d'indication de l'intention commerciale constitue une pratique commerciale trompeuse par omission au sens de l'article L. 121-3 du code de la consommation. Le manquement est puni de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.

Deux autres mentions figurent dans le même article : « Images retouchées » pour les images modifiées afin d'affiner ou d'épaissir la silhouette ou de modifier le visage, et « Images virtuelles » pour les visages ou silhouettes produits par intelligence artificielle. Leur violation est punie d'un an d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. Lorsque la promotion porte sur une action de formation professionnelle financée par les fonds mentionnés au code du travail, la mention doit aussi comporter des informations sur le financement, les engagements et les règles d'éligibilité.

Le contrat écrit : le seuil enfin connu

L'article 8 impose, sous peine de nullité, un contrat écrit entre l'influenceur et l'annonceur ou l'agent d'influenceur, sauf si la rémunération ou la valeur de l'avantage en nature est inférieure à un montant fixé par décret. Ce décret existe désormais : le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, fixe le seuil à 1 000 euros hors taxes. Le contrat est exigé lorsque la somme des rémunérations versées et de la valeur des avantages en nature accordés à un influenceur par un annonceur au cours d'une même année, en contrepartie de prestations poursuivant un même objectif promotionnel, est supérieure ou égale à ce montant.

Calcul illustratif

Le seuil de 1 000 euros hors taxes : quatre cas fictifs

Cas fictif Rémunérations Avantages en nature Somme pour un influenceur sur l'année Contrat écrit exigé par le décret ?
Un post et un produit offert 600 € HT 250 € HT 850 € HT Non, sous le seuil
Un post, un produit offert et une invitation 600 € HT 450 € HT 1 050 € HT Oui
Un seul post payé au montant du seuil 1 000 € HT 0 € 1 000 € HT Oui (supérieure ou égale)
Deux influenceurs payés chacun 600 € HT 600 € HT chacun 0 € 600 € HT par influenceur Non, la somme se calcule par influenceur

Les montants de ce tableau sont fictifs et servent à montrer la mécanique ; le texte précise que les prestations doivent poursuivre un même objectif promotionnel, point à faire valider si vos actions visent des objectifs différents. Sous le seuil, aucune obligation n'est posée par le décret, mais un écrit simple (objet, contenu attendu, mention, calendrier, droits d'usage) reste une bonne pratique.

Quand le contrat est exigé, l'article 8 énumère ce qu'il comporte au minimum.

Article 8

Les mentions minimales du contrat d'influence

Mention exigée Ce qu'il faut écrire
Identité et coordonnées Identité des parties, adresses postales et électroniques, pays de résidence fiscale
Missions Nature des missions confiées à l'influenceur
Contrepartie Rémunération en numéraire ou modalités de sa détermination, valeur de l'avantage en nature, conditions et modalités d'attribution
Droits et obligations Droits et obligations de chaque partie, notamment la propriété intellectuelle
Droit applicable Soumission au droit français lorsque le contrat vise un public établi en France (code de la consommation, code de la propriété intellectuelle, loi de 2023)

Le ciblage publicitaire et le consentement

Le ciblage publicitaire relève d'un autre texte. Selon la CNIL, les cookies liés à la publicité personnalisée exigent un consentement préalable de l'utilisateur, au titre de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés. Ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, et l'utilisateur doit pouvoir accepter ou refuser avec le même degré de simplicité. La poursuite de la navigation ne vaut pas acceptation : il faut un acte positif clair, comme un clic sur « tout accepter ». La CNIL recommande en outre un bouton « tout refuser » à côté du bouton d'acceptation. Qui porte quelle responsabilité entre l'annonceur et la plateforme se détermine au cas par cas, selon les rôles de chacun ; le sujet est détaillé pour Facebook et Instagram dans l'article sur Meta Ads et RGPD.

Ce que cet article ne couvre pas

Les règles propres à chaque plateforme (libellés de publicité, outils de diffusion, restrictions de contenus) ne sont pas reprises ici : consultez l'aide du réseau concerné avant de lancer une campagne. Les textes cités datent de la loi du 9 juin 2023, de l'ordonnance du 6 novembre 2024 qui l'a modifiée et du décret du 28 novembre 2025, et peuvent évoluer.

Relevé de recherche

France, de septembre 2025 à août 2026 (DataForSEO)

Expression Volume mensuel relevé Constat sur douze mois
collaboration commerciale 590 Entre 480 et 590, 390 en août 2026
loi influenceurs 210 320 en janvier 2026, 50 en août 2026
loi influenceur 140 210 en novembre 2025 et janvier 2026, 70 en août 2026
contrat influenceur 50 90 en janvier et février 2026, 20 en août 2026
dgccrf influenceurs 30 50 en mars 2026, 20 de mai à août 2026
loi influenceurs 2023 30 70 en janvier 2026, 10 en août 2026
influence commerciale 20 30 en septembre 2025 et mars 2026, 10 en août 2026
partenariat rémunéré instagram 20 40 en septembre 2025, 10 en août 2026
arpp influence responsable 10 10 à 20 sur la période
contrat d'influence 10 30 en mars 2026, 10 les autres mois
publicité dissimulée 10 10 à 20 sur la période
mention publicité instagram Non mesuré Absent de la base
publicité ciblée rgpd Non mesuré Absent de la base

Le sujet intéresse surtout les annonceurs avant une collaboration (« collaboration commerciale », « contrat influenceur ») ; l'intérêt pour « loi influenceurs » a atteint un pic en janvier 2026, mois d'entrée en vigueur du décret, sans que le relevé permette d'affirmer un lien de cause à effet. La baisse d'août 2026 touche de nombreuses lignes et sa cause n'est pas établie.

Six vérifications avant de lancer une collaboration

  1. Identifier si l'activité du créateur relève de l'influence commerciale au sens de l'article 1er.
  2. Additionner rémunération et valeur des avantages en nature pour cet influenceur sur l'année civile.
  3. Rédiger un contrat comportant les cinq mentions de l'article 8 dès que 1 000 euros hors taxes sont atteints.
  4. Écrire dans le contrat la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale » et exiger sa présence pendant toute la durée de la vidéo.
  5. Prévoir les mentions « Images retouchées » et « Images virtuelles » si les visuels le justifient.
  6. Vérifier le recueil du consentement aux traceurs sur le site vers lequel la campagne renvoie.
Questions fréquentes

Publicité et réseaux sociaux : les questions fréquentes

Faut-il écrire « Publicité » sur toutes mes publications ?

Pas systématiquement : la mention de l'article 5 vise la promotion réalisée par des personnes exerçant l'activité d'influence commerciale au sens de l'article 1er. La frontière avec la communication d'une entreprise sur son propre compte est à faire valider selon votre situation.

Un produit offert compte-t-il dans le seuil du contrat écrit ?

Oui : le décret additionne les rémunérations et la valeur des avantages en nature accordés à un influenceur par un annonceur sur l'année.

Le ciblage publicitaire nécessite-t-il l'accord de l'internaute ?

Pour les cookies liés à la publicité personnalisée, oui : la CNIL exige un consentement préalable, par un acte positif, avec un refus aussi simple que l'acceptation.

Un contrat écrit est-il obligatoire avec un influenceur ?

Depuis le 1er janvier 2026, oui lorsque la somme des rémunérations et avantages en nature accordés par l'annonceur à cet influenceur sur l'année atteint 1 000 euros hors taxes, sous peine de nullité du contrat.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas ces règles ?

Le défaut de mention de l'article 5 est puni de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. L'annonceur peut aussi être solidairement responsable des dommages causés aux tiers dans l'exécution du contrat.

Que dit la loi sur les images retouchées ou générées par IA ?

L'article 5 impose les mentions « Images retouchées » et « Images virtuelles » dans les cas qu'il décrit, avec une sanction d'un an d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende.

Cet article remplace-t-il un conseil juridique ?

Non. Il résume des textes consultés le 09/10/2026 ; les textes évoluent et chaque situation demande l'avis d'un professionnel du droit.

Mahatoky, consultant SEO et marketing digital

Écrit par

Consultant en marketing digital depuis janvier 2021, j’accompagne des entreprises en France, au Canada et dans les pays francophones, 100 % à distance : plus de 10 sites créés et plus de 30 accompagnements SEO & GEO.

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